Les livres dont je garde un bon souvenir #6: quand je suis devenue maman

Grossesse, enfants en bas âge, reconversion en parallèle, mais toujours lectrice avec ces livres

Dans le dernier article de cette série, j’étais militaire, pilote d’hélicoptère et je m’étais mise à lire en anglais.

Mon raisonnement était alors parfaitement logique : puisque je lisais très vite en français, lire en anglais allait me ralentir et me permettre de faire durer mes livres plus longtemps.

Dans les faits, j’avais surtout découvert que je pouvais acheter beaucoup plus de livres, ne plus attendre les traductions et accéder directement aux romans de mes auteurs anglophones préférés.

Autant dire que mon plan pour lire moins vite avait remarquablement échoué.

Puis, ma vie a de nouveau beaucoup changé.

J’ai quitté l’armée, je suis devenue maman et j’ai entamé une nouvelle reconversion professionnelle.

Et reprendre des études enceinte, puis avec un bébé en bas âge, puis deux, n’est pas exactement la période de la vie où l’on se demande comment occuper tout son temps libre.

Pourtant, les livres étaient toujours là.

Avant Bookstagram et BookTok, il y avait les copains

Aujourd’hui, il suffit de passer quelques minutes sur Instagram ou TikTok pour repartir avec quinze nouvelles recommandations et une PAL qui menace l’intégrité structurelle de la maison.

À l’époque, mes livres arrivaient jusqu’à moi autrement.

Je flânais dans les librairies, je regardais les rayons, je retrouvais les auteurs que je connaissais déjà…

Et puis, surtout, on se conseillait des livres entre potes.

Et finalement, certaines de ces recommandations me sont restées en mémoire autant pour le livre que pour la personne qui me l’avait mis entre les mains.

C’est exactement ce qui s’est passé avec Da Vinci Code, de Dan Brown.

C’était l’été, juste après ma réforme de l’armée.

Je venais de me marier, mais mon mari était parti en OPEX entre le mariage et notre voyage de noces. Je me retrouvais donc seule à la maison, occupée notamment à faire des travaux en attendant son retour.

Et un ami m’a appelée.

Ça pourrait sembler assez banal, sauf que nous n’étions vraiment pas du genre à nous téléphoner régulièrement. On prenait de nos nouvelles une ou deux fois par an, pas davantage, généralement par mail ou même par lettre.

Couverture de Da Vinci Code de Dan Brown aux éditions JC Lattès

Alors, quand cet ami m’a appelée expressément pour me dire :

« Il faut que tu lises Da Vinci Code. »

… forcément, j’ai pris la recommandation au sérieux.

Et je l’en remercie encore.

Dan Brown m’a embarquée dans son jeu de pistes entre meurtre, œuvres d’art, symboles, sociétés secrètes, religion et énigmes.

C’était exactement le genre de roman dont j’avais besoin à ce moment-là : un livre qui se lit vite, qui donne constamment envie de connaître la suite et dans lequel on peut complètement disparaître pendant quelques heures.

Quelques temps plus tard, pendant ma grossesse, c’est encore sur les conseils de quelqu’un que j’ai découvert un autre auteur.

Mais cette fois, la recommandation était accompagnée d’une consigne assez particulière :

« Mais ne le lis surtout pas avant d’avoir accouché. »

Le livre en question était Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, d’Anna Gavalda.

Anna Gavalda une belle plume avec Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part et Ensemble c'est tout. Attention de ne pas lire "Pendant que Ducros se décarcasse" enceinte.

Évidemment, j’ai suivi le conseil.

Enfin, la première partie du conseil.

Je n’ai pas attendu d’avoir accouché.

Et je l’ai lu immédiatement.

J’ai alors découvert ce recueil de nouvelles et compris assez rapidement pourquoi on m’avait suggéré de patienter.

Si tu es actuellement enceinte et que tu as envie de le découvrir, je vais donc te transmettre à mon tour le conseil qu’on m’avait donné :

attend au moins l’accouchement avant de lire « Pendant que Ducros se décarcasse ».

Voilà.

Je n’en dirai pas davantage.

J’avais néanmoins beaucoup aimé la plume d’Anna Gavalda, suffisamment pour continuer avec L’Échappée belle, La Consolante et son plus grand succès : Ensemble, c’est tout.

Quatre personnages assez cabossés par la vie, qui n’ont a priori pas grand-chose à faire ensemble et qui vont pourtant peu à peu former une sorte de famille de cœur.

J’en garde un très bon souvenir.

Et il faut le signaler, parce que ce ne sera pas si fréquent dans cette série : Anna Gavalda fait partie des rares auteur•ices de ce que l’on appelle généralement la littérature blanche qui apparaîtront dans mes souvenirs de lectrice.

Depuis le lycée, j’avais largement compris que mes « classiques » et mes coups de cœur se trouvaient plus souvent du côté des littératures de genre.

Ça n’empêche manifestement pas quelques exceptions de se glisser dans la bibliothèque.

Quand on reprend ses études avec un bébé, on choisit parfois ses livres en conséquence

2 auteurs de littérature populaire : Marc Lévy et Guillaume Musso. Simplicité de la plume, efficacité du scénarion et happy end.

À cette époque, je lisais encore beaucoup de livres papier.

Mais ma manière de choisir mes lectures dépendait aussi forcément de ma vie.

Je me reconvertissais professionnellement, je reprenais des études et j’avais désormais un bébé.

Autrement dit, j’avais beaucoup moins de temps pour lire.

Et c’est là que le français retrouvait un avantage considérable.

Comme je lisais beaucoup plus vite en français qu’en anglais, choisir certains romans en français me permettait de continuer à avancer dans mes histoires malgré le peu de temps dont je disposais.

Une demi-heure de lecture pouvait réellement me faire progresser dans un roman.

Et à une période où les moments tranquilles n’étaient pas exactement garantis, ça comptait.

Je me suis donc tournée aussi vers des lectures divertissantes, fluides et faciles à reprendre après une interruption.

Et cela passait notamment par Marc Lévy et Guillaume Musso.

Et si c’était vrai…, Où es-tu ?, Sept jours pour une éternité, La prochaine fois, Vous revoir, Mes amis mes amours, Le Premier Jour, La Première Nuit … chez Marc Lévy.

Et après…, Sauve-moi, Seras-tu là, Parce que je t’aime, Je reviens te chercher, Que serais-je sans toi, L’appel de l’ange, 7 ans après, Central Park … chez Guillaume Musso.

Des histoires dans lesquelles je pouvais entrer rapidement, avancer même avec peu de temps devant moi et retrouver facilement le fil lorsque la vie réelle venait interrompre ma lecture.

Ce qui, avec un bébé et des études, arrivait assez régulièrement.

Mais cela ne voulait pas dire que j’avais abandonné la lecture en anglais.

Loin de là.

Je continuais notamment à lire la fantasy en VO, avec ses gros pavés, ses sagas et ses univers dans lesquels j’aimais toujours autant disparaître dès que j’en avais l’occasion.

Et notamment un certain George R. R. Martin.

A Song of Ice and Fire : la grosse claque dénichée chez un bouquiniste

Un de mes plus gros coup de cœur de toute ma vie de lectrice : A song of Ice and Fire de George R R Martin.

À cette époque, je continuais en effet à lire beaucoup de fantasy en anglais.

Et un jour, en flânant chez un bouquiniste à Aix-en-Provence, j’ai découvert quelque chose qui m’a immédiatement mise en joie : il avait des livres en VO.

Aujourd’hui, commander un roman en anglais prend quelques secondes. À l’époque, tomber sur un bouquiniste qui en proposait était suffisamment rare pour que je me précipite dessus.

Et le bouquiniste l’a remarqué.

Quand il a vu mon enthousiasme et compris que je lisais de la fantasy en anglais, il s’est lui-même emballé et m’a parlé d’une série de George R. R. Martin : A Song of Ice and Fire.

Il en avait les trois premiers tomes.

Il m’a convaincue de repartir avec les trois.

Je crois qu’on peut dire qu’il connaissait son métier.

Parce que j’ai pris une grosse claque.

J’ai dévoré A Game of Thrones, A Clash of Kings et A Storm of Swords.

J’arrivais en plus au bon moment : je les ai découverts juste avant la sortie du quatrième tome, A Feast for Crows.

Parfait.

Quatre énormes romans à lire les uns à la suite des autres.

Je n’avais simplement pas encore compris dans quoi je venais de mettre les pieds.

Parce qu’ensuite…

il a fallu attendre.

Longtemps.

Très longtemps.

Le cinquième tome, A Dance with Dragons, a fini par sortir.

Mais entre-temps, j’avais appris une leçon importante :

je n’aime vraiment, vraiment pas attendre la suite d’une saga.

Au point que je ne l’ai toujours pas lu.

J’attends la suite.

Oui, je sais.

Cela fait un certain temps.

Mais je refuse de revivre cette frustration. 😄

Et pour la même raison, je n’ai jamais regardé Game of Thrones.

Je regarderai la série quand j’aurai terminé les livres.

Ou si George R. R. Martin meurt avant.

À ce stade, disons simplement que je garde les deux options ouvertes.

The Black Magician : encore une saga de fantasy à dévorer

The Black Magician trilogie avec The Magicians' guild, The Novice et The High Lord, de la magie interdite, une guerre des classes, du slow burn

Heureusement, il existait d’autres univers dans lesquels patienter.

J’ai notamment découvert Trudi Canavan et The Black Magician Trilogy.

On y suit Sonea, une jeune fille issue des quartiers pauvres qui découvre presque accidentellement qu’elle possède un pouvoir magique considérable.

Problème : dans ce monde, la magie est normalement réservée à ceux qui ont été sélectionnés et formés par la Guilde des magiciens.

Sonea n’appartient évidemment pas à ce milieu.

Et son arrivée dans cet univers va remettre en question pas mal de choses.

J’ai adoré.

On retrouve beaucoup de ce qui m’avait déjà fait aimer la fantasy pendant mes années d’études : un univers dans lequel s’installer, une héroïne à suivre sur plusieurs tomes, de la magie, des rapports de pouvoir, des secrets…

Quelques années plus tôt, j’avais découvert la fantasy.

À ce stade, je n’avais clairement aucune intention d’en sortir.

Mais un autre livre allait commencer à m’entraîner vers de nouveaux rayons.

Twilight : tiens, c’est quoi cette histoire de bit-lit et de Young Adult ?

À sa sortie, j’ai découvert Twilight, de Stephenie Meyer.

Bella.

Edward.

Forks.

Les vampires qui brillent au soleil. (Mouais au moins c’était original)

J’ai aimé.

J’ai encore plus aimé The Host, mais cette lecture m’a amenée vers quelque chose que je connaissais encore assez peu à l’époque: tout un ensemble de romans que l’on allait retrouver sous les étiquettes Young Adult, paranormal romance et, particulièrement en France à cette époque, bit-lit.

Après des années de fantasy épique, de science-fiction et de polars, voilà que de nouvelles portes s’ouvraient encore.

Des vampires.

Des loups-garous.

Des sorcières.

Des héroïnes adolescentes ou adultes qui allaient régulièrement découvrir que le monde était beaucoup plus peuplé de créatures surnaturelles qu’elles ne l’imaginaient.

Je ne le savais pas encore, mais j’allais bientôt passer énormément de temps en leur compagnie.

Sookie Stackhouse, Mercy Thompson, Charley Davidson, Rebecca Kean et beaucoup d’autres m’attendaient quelques années plus loin.

Et elles n’étaient pas seules.

Et soudain, le Kindle

À la fin de cette période, je lisais donc toujours en papier.

En français lorsque je voulais profiter au maximum du peu de temps de lecture dont je disposais.

En anglais, toujours, notamment pour la fantasy et pour ne plus dépendre des traductions.

Je commandais mes livres en ligne, j’achetais du poche, de l’occasion…

Bref, j’avais déjà trouvé pas mal de moyens de nourrir ma consommation de livres.

Puis est arrivé le Kindle en France.

J’ai acheté ma première liseuse.

Et là, ma manière de lire a encore changé.

Beaucoup.

Parce que tout ce qui avait commencé avec mes commandes de livres en anglais allait devenir infiniment plus simple.

Plus besoin d’attendre qu’un livre traverse l’Atlantique.

Plus besoin de trouver de la place sur une étagère.

Des auteurs inconnus devenaient accessibles en quelques secondes.

Des romans autoédités ou publiés par de petites maisons pouvaient se retrouver dans ma bibliothèque aussi facilement qu’un best-seller.

Et surtout, je pouvais essayer.

Explorer.

Passer d’un genre à un autre.

Suivre une recommandation, découvrir un auteur, puis télécharger immédiatement le tome suivant à deux heures du matin parce que NON, il était absolument hors de question d’attendre jusqu’au lendemain.

Vous voyez le problème.

J’allais lire encore plus.

Et découvrir énormément plus de choses.

Fin de la chronologie… on passe aux thèmatiques

C’est donc ici que la structure de cette série va légèrement changer.

Depuis le premier article, j’ai suivi à peu près chronologiquement mon parcours de lectrice.

La primaire.

Le collège.

Le lycée.

La fac.

Les années à l’armée et le passage à la lecture en anglais.

Puis cette période où je suis devenue maman et où j’ai repris mes études.

Mais à partir du Kindle, continuer année après année n’a plus beaucoup de sens.

Je lis beaucoup trop.

Je découvre beaucoup trop d’auteurs.

Et surtout, mes lectures partent désormais dans beaucoup trop de directions différentes.

Alors pour la suite, nous allons plutôt voyager par genres et par thèmes.

Il y aura du cosy mystery, ce qui nous ramènera très loin en arrière, jusqu’à Alice détective.

De l’urban fantasy et de la bit-lit, avec beaucoup de vampires, de loups-garous, de sorcières et d’héroïnes qui ont généralement autre chose à faire que d’attendre qu’on vienne les sauver.

Du Young Adult.

Du steampunk.

De la romance.

De la romantasy.

Des contes revisités.

Et plus tard, une nouvelle révolution dans ma manière de lire : les livres audio.

Finalement, en devenant maman et en changeant une nouvelle fois de voie professionnelle, j’aurais pu avoir moins de place pour la lecture.

C’est plutôt l’inverse qui s’est produit.

Et je n’avais encore rien vu.

Parce que quelqu’un a eu l’excellente — ou très mauvaise, selon le point de vue de mon sommeil — idée de mettre une librairie entière dans ma poche.

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