Les livres dont je garde un bon souvenir #4: la fac

Ma découverte de la fantasy avec les sagas du siècle dernier qui restent dans mes favorites à ce jour.

Après le primaire, le collège et le lycée, me voilà arrivée à la fac.

Enfin… « la fac » est une façon assez simple de résumer une période qui l’était beaucoup moins.

Parce qu’avant de trouver ma première voie, je me suis cherchée pendant quelques années.

J’ai commencé par deux années de médecine. Je suis ensuite partie en maths-info pendant un an, avant de finalement trouver une formation qui me correspondait davantage et de décrocher mon DUT STID.

Cinq années d’études pendant lesquelles j’ai donc changé plusieurs fois de direction.

Et soyons honnêtes : j’ai probablement passé plus de temps à lire des romans que mes cours.

Ce qui explique peut-être certaines réorientations lol.

Étudiante une partie de l’année, GO prof de danse l’autre

Ces années avaient également un rythme un peu particulier.

Pendant mes études, je partais chaque année entre trois et cinq mois donner des cours de danse au Club Med.

En saison, mes journées étaient bien remplies et j’avais finalement assez peu de temps pour lire.

Mais une fois rentrée, les livres reprenaient rapidement leur place.

Au lycée, j’avais commencé à comprendre comment j’aimais lire : découvrir un auteur, aller chercher ses autres romans, me lancer dans des séries entières et explorer les « classiques » des genres qui me plaisaient vraiment.

À la fac, cette tendance allait prendre une ampleur considérable.

Parce que j’ai découvert la fantasy.

Et pendant de nombreuses années, elle allait devenir mon genre préféré.

Mais avant de partir en Terre du Milieu, dans les Six-Duchés ou sur le Disque-Monde, je continuais quand même à lire un peu de tout.

Bridget Jones, Jane Austen et moi… La romance à l’anglaise

Romance à l'anglaise avec Le journal de Bridget Jones et L'intégrale de Jane Austen

J’ai découvert Le Journal de Bridget Jones, d’Helen Fielding, avec son héroïne imparfaite, drôle, parfois catastrophique, qui essaie tant bien que mal de gérer sa vie sentimentale, professionnelle et familiale.

Et derrière Bridget Jones se cachait évidemment une vieille connaissance de la littérature anglaise : Orgueil et Préjugés.

Je me suis donc plongée dans Jane Austen.

Et pas seulement Elizabeth Bennet et Mr Darcy.

J’ai lu ses romans, découvert ses héroïnes, ses histoires sentimentales, mais aussi son ironie et sa manière d’observer les rapports sociaux, les questions d’argent, de mariage et de statut.

Après avoir pensé quelques années plus tôt que « les classiques » n’étaient pas pour moi, voilà donc que j’en dévorais.

Comme quoi, le problème n’avait probablement jamais été leur âge.

Il fallait simplement que je rencontre les bons.

Mais la grande découverte de ces années-là allait se trouver ailleurs.

Et soudain, la fantasy

Queques romans de fantasy, SF et réécriture de conte de Orson Scott Card

Mon premier véritable pas dans la fantasy s’est fait avec Orson Scott Card et Les Chroniques d’Alvin le Faiseur.

L’Amérique d’Alvin ressemble à la nôtre, mais pas tout à fait. Nous sommes dans une version alternative de l’histoire américaine où certaines personnes possèdent des dons, où la magie et les croyances populaires font partie du monde et où Alvin découvre progressivement l’étendue de ses propres pouvoirs.

J’avais déjà lu de la science-fiction. J’aimais les univers imaginaires. Mais là, je découvrais autre chose.

Un monde qui possédait ses propres règles, sa propre mythologie, sa propre histoire.

J’avais ouvert une porte.

Je n’allais plus vraiment la refermer pendant plusieurs années.

Passage obligé : Tolkien

Grand classique de la fantasy J R R Tolkien avec Bilbo le Hobbit et Le seigneur des anneaux.

Une fois entrée dans la fantasy, il était difficile de ne pas aller voir du côté de celui qui avait déjà largement contribué à en définir les codes modernes : J.R.R. Tolkien.

J’ai donc lu Le Seigneur des Anneaux, puis Bilbo le Hobbit.

La Terre du Milieu, les Hobbits, les Elfes, les Nains, Gandalf, l’Anneau, la Communauté…

Je découvrais surtout ce que pouvait être un univers construit à une échelle gigantesque : des peuples, des langues, une géographie, des légendes et une histoire qui semblent exister bien au-delà de l’intrigue que l’on est en train de lire.

Et après ça, évidemment, j’en voulais encore.

Beaucoup plus.

La Belgariade et La Mallorée : le plaisir de la grande quête

Deux séries d'heroïc fantasy cultes de David Eddings : La Belgariade et La Mallorée.

Avec Le Chant de la Belgariade, de David Eddings, je retrouvais certains des grands ingrédients de la fantasy classique.

Un jeune héros qui ignore encore largement ce qui l’attend, une prophétie, une quête, des compagnons de voyage et un monde immense à parcourir.

Garion commence son histoire bien loin des préoccupations des rois et des dieux. Évidemment, cela ne va pas durer.

Ce que j’aimais dans ce type de saga, ce n’était pas seulement l’objectif final.

C’était le voyage.

Voir les personnages évoluer, découvrir de nouveaux lieux avec eux, apprendre progressivement les règles du monde et savoir qu’une fois un tome terminé, un autre m’attendait.

Pour quelqu’un qui avait déjà tendance à chercher immédiatement les autres livres d’un auteur qu’elle aimait, la fantasy était un piège absolument parfait.

Robin Hobb : entrer dans les Six-Duchés… et ne plus vouloir en sortir

Séries cultes de fantasy de Robin Hobb : L'assassin royal, Les avanturiers de la mer, La cité des anciens, Le fou et l'assassin dans le même univers des six duchés et Le soldat Chamane.

Puis il y a eu Robin Hobb.

Et L’Assassin royal.

Fitz, fils bâtard d’un prince, arrive enfant à la cour des Six-Duchés. Il va y grandir dans une position particulièrement inconfortable : suffisamment proche du pouvoir pour être utile, jamais assez légitime pour réellement lui appartenir.

Il est formé dans l’ombre, notamment à l’art de l’assassinat, tandis que ses liens avec les autres personnages deviennent de plus en plus complexes.

Mais réduire L’Assassin royal à l’histoire d’un assassin serait passer à côté de ce qui m’a fait aimer cette saga.

Il y a les relations, les loyautés, les blessures, les choix parfois désastreux de Fitz — et cette capacité de Robin Hobb à faire vivre ses personnages suffisamment longtemps pour que l’on ait l’impression d’avoir réellement partagé une partie de leur existence.

Et puisque j’avais trouvé une autrice qui me plaisait, j’ai fait exactement ce que j’avais appris à faire au lycée :

j’ai lu le reste.

Les Aventuriers de la mer, puis les autres romans et cycles de Robin Hobb.

Je pouvais désormais passer des milliers de pages dans le même univers.

Le bonheur.

Guy Gavriel Kay et La Tapisserie de Fionavar

Roman de Guy Gavriel Kay, fantasy historique et high fantasy. Empire byzantin avec la mosaïque de Sarance, Italie de la renaissance avec Tigane, les troubadours en Provence avec la chanson d'Arbonne et l'Espagne de la Reconquista avec Les Lions d'Al-Rassam.

Autre grande découverte : Guy Gavriel Kay et La Tapisserie de Fionavar.

Cette fois, des personnages venus de notre monde se retrouvent transportés dans celui de Fionavar, un univers où mythes, destin, dieux et magie s’entremêlent.

J’y ai retrouvé ce que j’aimais déjà dans la fantasy, mais avec une dimension plus mythologique et souvent plus mélancolique.

Et, là encore, je ne me suis pas arrêtée à cette trilogie.

J’ai continué à découvrir les autres romans de Guy Gavriel Kay. De la fantasy historique qui nous faisait voyager dans l’espace et le temps.

C’était désormais officiel : chez moi, apprécier un livre pouvait devenir une occupation de plusieurs mois si son auteur avait eu la bonne idée d’être prolifique.

Les Chroniques de Krondor : pourquoi se contenter de trois tomes ?

Toirs premiers cycle des chroniques de Krondor : La guerre de la faille, La trilogie de l'empire, Le legs de la faille. L'ensemble de la saga de portal fantasy contient près de 30 livres.

Puisque les petites séries ne me suffisaient manifestement plus, il y a eu Raymond E. Feist et Les Chroniques de Krondor.

Tout commence notamment avec Pug, jeune garçon qui devient apprenti magicien, avant que son destin ne soit bouleversé par un conflit qui dépasse largement son royaume.

Car chez Feist, on ne se contente bientôt plus d’un royaume.

On change de mondes.

Guerres, magie, politique, civilisations différentes, personnages que l’on suit sur de longues périodes…

Encore une fois, exactement le genre d’univers dans lequel je pouvais disparaître pendant des semaines.

Terry Pratchett : la fantasy pouvait aussi être complètement barrée

Quelques tomes des annales du Disque-Monde de Terry Pratchett

Et puis j’ai découvert Terry Pratchett et Les Annales du Disque-Monde.

Un monde plat.

Porté par quatre éléphants.

Eux-mêmes installés sur le dos d’une tortue géante voyageant dans l’espace.

Le ton était donné.

Après les grandes prophéties, les guerres et les destins tragiques, je découvrais une fantasy capable de se moquer joyeusement de ses propres codes et accessoirement des nôtres.

Parce que derrière l’absurde, les sorcières, les mages, la Mort qui parle EN MAJUSCULES et les situations improbables, Terry Pratchett observe surtout les humains.

Le pouvoir, l’argent, les croyances, les institutions, le travail, les médias…

Et avec des dizaines de romans disponibles, j’avais là encore de quoi m’occuper un bon moment. (Guide de lecture de l’Atalante en pdf)

Retour à Orson Scott Card avec Enchantement

Après Les Chroniques d’Alvin le Faiseur, je suis revenue à Orson Scott Card avec Enchantement.

Cette fois, le roman joue avec les contes de fées et notamment le mythe de la Belle au bois dormant.

La réécriture de conte reste un trope que j’adore toujours autant à ce jour.

Je garde aussi un bon souvenir des premiers tomes du Cycle d’Ender.

Le Cycle de Ji : encore un univers à explorer

Héroïc Fantasy francophone : Trois intégrales du cycle de de Ji de Pierre Grimbert.

Il y a eu aussi Le Secret de Ji, Les Enfants de Ji et Les Gardiens de Ji de Pierre Grimbert. Pour une fois c’est de la fantasy francophone.

Des générations plus tôt, des représentants de différents peuples ont été convoqués sur l’île de Ji. Très peu en sont revenus et ceux qui ont survécu ont gardé le secret sur ce qui s’y était passé.

Des années plus tard, leurs descendants se retrouvent menacés.

Mystère ancien, groupe de personnages que tout n’était pas destiné à réunir, voyage, secrets à découvrir…

Tous les ingrédients étaient là pour m’embarquer.

La Rose du prophète : dieux, magie et intrigues… ma première romantasy

Une romantasy avant la romantasy avec la trilogie de La rose du prophète de Margaret Weis et Tracy Hickman

Parmi mes autres bons souvenirs figure La Rose du prophète, de Margaret Weis et Tracy Hickman. Ma première romantasy avant même que la romantasy existe.

Là encore, on est dans une fantasy ample : plusieurs peuples, des religions, des dieux qui interviennent dans les affaires des mortels, de la magie, des alliances et des conflits politiques.

C’était une autre facette de ce que je découvrais à cette époque.

La fantasy n’était pas un genre unique dans lequel toutes les histoires se ressemblaient.

Elle pouvait être épique, drôle, sombre, romantique, mythologique, politique ou inspirée de notre propre histoire.

Je pouvais passer de Tolkien à Pratchett, de Robin Hobb à Guy Gavriel Kay, et vivre des expériences de lecture complètement différentes.

Pendant que je cherchais ma voie, j’avais trouvé mon genre

Quand je regarde aujourd’hui cette période, le contraste me fait sourire.

Côté études, je tâtonnais. Je cherchais clairement ce que j’allais faire de ma vie.

Côté bibliothèque, en revanche, les choses devenaient beaucoup plus claires.

Après les enquêtes de mon enfance, les polars et la science-fiction de mon adolescence, j’avais trouvé la fantasy.

Et elle réunissait énormément de choses que j’aimais déjà : les grandes aventures, les mystères, les personnages que l’on peut suivre pendant plusieurs tomes, les univers complexes, les auteurs dont on peut ensuite explorer toute l’œuvre…

Elle allait rester mon genre de prédilection pendant de nombreuses années.

Et surtout, mes années d’études ont définitivement installé une habitude qui ne m’a plus vraiment quittée : je ne voulais plus seulement lire des histoires.

Je voulais découvrir des univers.

Au fond, pendant que j’étais censée étudier la médecine, les maths ou les statistiques, j’ai peut-être suivi avec beaucoup plus d’assiduité un cursus parallèle.

Celui-là comportait des Hobbits, des assassins, des prophéties, des magiciens, des mondes parallèles et une tortue géante voyageant dans l’espace.

Et bizarrement, je séchais beaucoup moins ces cours là.

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