Les livres dont je garde un bon souvenir #2: le collège

Les livres qui ont construit mon imaginaire de lectrice, de la Comtesse de Ségur à Alice détective en passant par les livres dont vous êtes le héros

Dans le premier article de cette série, je suis retournée chercher du côté de mes souvenirs de primaire : la Comtesse de Ségur, les contes d’Andersen, les Livres dont vous êtes le héros, Le Club des Cinq, Alice détective…

Puis est arrivé le collège.

Et s’il y a une chose dont je me souviens particulièrement de cette époque, au-delà des livres eux-mêmes, c’est du CDI.

Dès que j’en avais l’occasion, j’y étais.

Une heure de libre ? CDI.
Une récréation à occuper ? CDI.
Un prof absent ? Vous avez compris l’idée.

J’y ai beaucoup lu. Suffisamment pour que, des années plus tard, il soit évidemment impossible de dresser une liste exhaustive de toutes mes lectures de cette période. Mais certains titres sont restés.

Au début du collège, encore un pied dans l’enfance

Livres lus au début du collège : deux pour une, le 12 juillet et la ballade des Lackawanna

L’entrée au collège ne signifie pas que l’on abandonne soudainement toutes ses lectures d’enfant pour se plonger dans de grands classiques.

En tout cas, ça ne s’est pas passé comme ça pour moi.

Quand je repense à mes premières années de collège, des titres comme Le 12 juillet, Deux pour une ou La Ballade des Lackawanna me reviennent en mémoire.

Des histoires différentes, mais que j’associe à cette période un peu particulière où l’on devient collégien tout en baignant encore largement dans l’enfance.

Il y avait aussi Mon bel oranger, de José Mauro de Vasconcelos.

C’est l’un de ces livres dont le souvenir est associé à une émotion plus qu’à une intrigue précise. L’histoire de Zézé, petit garçon à l’imagination débordante confronté à une réalité beaucoup moins tendre, m’avait profondément touchée.

C’est d’ailleurs tout l’intérêt de cette série d’articles : je ne cherche pas à dresser la liste de tout ce que j’ai lu ni à prétendre me souvenir parfaitement de livres découverts il y a plusieurs décennies.

Je cherche plutôt ceux dont quelque chose m’est resté.

Une histoire. Un personnage. Une émotion. Parfois simplement la certitude d’avoir adoré ce livre.

Des mystères, encore et toujours

Livres policiers lus au collège que j'ai aimais : Le mystère de la chambre jaune, Les dix petits nègres, Le chien des baskerville

Une chose, en revanche, n’avait pas changé depuis le primaire : mon goût pour les enquêtes.

Alice détective et Le Club des Cinq avaient déjà bien préparé le terrain. Au collège, je suis passée à quelques grands classiques du genre.

Le Mystère de la chambre jaune, de Gaston Leroux, avec son crime apparemment impossible et cette fameuse chambre close.

Et bien sûr Le Chien des Baskerville, d’Arthur Conan Doyle ou encore Ils étaient dix, de Agatha Christie

Après les enquêtes jeunesse, me voilà donc chez Rouletabille et Sherlock Holmes.

Avec le recul, une certaine cohérence commence à apparaître dans mon parcours de lectrice : donnez-moi un mystère à résoudre et il y a de bonnes chances pour que je veuille connaître la suite.

Les lectures imposées que j’ai vraiment aimées

Pièces de théatre que j'ai apprécié au collège : Les fourberies de Scapin et Antigone

Le collège, c’est aussi l’époque où les lectures imposées par les cours de français ont commencé à prendre davantage de place.

Et « lecture imposée » n’a pas forcément rimé avec corvée.

Je garde notamment un très bon souvenir d’Antigone, de Jean Anouilh. Cette confrontation entre Antigone et Créon, entre les convictions de l’une et le pragmatisme de l’autre, m’avait marquée.

Dans un registre complètement différent, il y a eu Les Fourberies de Scapin, de Molière.

Comme quoi, les classiques étudiés en classe peuvent eux aussi finir dans la catégorie des bons souvenirs de lecture.

En 3e, un pied dans des lectures beaucoup plus adultes

Premières romances lues au collège : Autant en emporte le vent et La bicyclette bleue

Et puis je suis arrivée en 3e.

J’étais déjà une ado et mes lectures commençaient, elles aussi, à changer.

C’est à cette époque que La Bicyclette bleue, de Régine Deforges, est arrivée entre mes mains, et son histoire mérite une petite parenthèse.

Je galérais avec les cours d’histoire. Mon père, qui savait que j’avais beaucoup aimé Autant en emporte le vent, a eu une idée plutôt logique : me conseiller un roman qui pourrait me faire entrer dans une période historique par le biais de personnages et d’une histoire.

Il m’a donc conseillé La Bicyclette bleue.

Et ça a fonctionné : j’ai beaucoup aimé.

Ce dont je ne suis pas certaine, en revanche, c’est qu’il savait exactement tout ce qu’il venait de mettre entre les mains de sa fille.

Parce que La Bicyclette bleue, ce sont aussi mes premières scènes un peu spicy en littérature.

Merci Papa pour cette recommandation pédagogique. 😄

Plus sérieusement, cette lecture m’a aussi montré quelque chose qui allait rester vrai par la suite : il m’est souvent beaucoup plus facile de m’intéresser à une époque historique lorsqu’elle devient le décor d’une histoire et que je peux la découvrir à travers les personnages.

Aujourd’hui, même si je l’ai lue et aimée en 3e, je la conseillerais probablement plutôt à partir du lycée. Mais elle appartient bel et bien à mes souvenirs de collège.

À suivre…

Cette liste est, une nouvelle fois, loin d’être exhaustive.

J’ai beaucoup lu au collège et, après toutes ces années et tous les livres qui ont suivi, certains titres ont forcément disparu de ma mémoire. Ceux-ci sont simplement ceux qui remontent lorsque je repense à cette période.

Et ce qui me frappe en les réunissant aujourd’hui, c’est à quel point mon univers s’est progressivement élargi : des histoires plus dures, le théâtre, les grands classiques du roman policier et, en 3e, des romans destinés à un lectorat déjà beaucoup plus adulte.

Entre-temps, j’ai passé un nombre incalculable d’heures au CDI à piocher un peu partout.

Finalement, je ne suis pas certaine que ma manière de choisir mes livres ait tant changé que ça.

La prochaine étape sera le lycée.

Et là encore, quelques livres ont laissé des traces.

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